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Point de Contact

Exploitation sexuelle des mineur·es : face à la bascule vers le numérique, un rapport appelle à une réponse publique à la hauteur des enjeux

Réseaux sociaux, messageries privées, plateformes en ligne : l’exploitation sexuelle des mineur·es se déploie désormais principalement dans les espaces numériques. Face à cette évolution majeure, la Fondation Droit d’Enfance (programme PARÉ) et l’association Point de Contact publient un rapport inédit sur les pratiques d’aller-vers numérique et appellent les pouvoirs publics à structurer une réponse adaptée à cette nouvelle réalité.

Fruit d’un groupe d’étude réunissant associations de terrain et chercheuses entre octobre 2025 et mars 2026, ce travail met en lumière une transformation profonde des mécanismes d’exploitation sexuelle des mineur·es. Les espaces numériques sont devenus des lieux privilégiés de recrutement, de mise en relation, de contrôle et de maintien sous emprise des victimes, rendant les situations plus difficiles à détecter et les modes d’intervention traditionnels de moins en moins adaptés.

Une exploitation sexuelle profondément transformée par le numérique

Autrefois davantage visible dans l’espace public, l’exploitation sexuelle des mineur·es est aujourd’hui largement facilitée par les outils numériques. Réseaux sociaux, applications de messagerie, plateformes d’annonces ou espaces en ligne fermés structurent désormais les parcours d’exploitation.

Le rapport met en évidence plusieurs évolutions préoccupantes :

  • des prises de contact de plus en plus précoces, parfois dès 11 ou 12 ans ;
  • des stratégies d’emprise progressives s’apparentant au grooming ;
  • une multiplication et une diffusion accélérée des sollicitations ;
  • une mobilité accrue des victimes et une dispersion des situations, qui compliquent considérablement leur repérage.

L'aller-vers numérique : un levier devenu indispensable

Pour répondre à ces nouvelles formes d’exploitation, les professionnel·les développent des pratiques d’aller-vers numérique consistant à aller à la rencontre des jeunes directement au sein des espaces numériques qu’ils et elles fréquentent.

Concrètement, ces actions se déploient sur des réseaux sociaux ainsi que sur des messageries et sites d’annonces, où les professionnel·les repèrent des profils à risque et engagent un premier contact via des messages individualisés.

Ces interventions permettent notamment de :

  • repérer des situations d’exploitation ou de vulnérabilité ;
  • établir un premier contact malgré l’anonymat ou les mécanismes d’emprise ;
  • maintenir un lien dans des parcours souvent marqués par des ruptures ;
  • favoriser l’accès à un accompagnement et à une prise en charge.

Le constat est sans appel : l’aller-vers numérique ne constitue plus une pratique complémentaire. Il est désormais un outil essentiel de la protection de l’enfance.

Un champ d'intervention encore insuffisamment structuré

Malgré son développement, l’aller-vers numérique demeure fragile. Le rapport souligne plusieurs freins majeurs :

  • l’absence de cadre commun et de références professionnelles partagées ;
  • d’importantes disparités entre les territoires ;
  • des financements souvent précaires et insuffisamment pérennes ;
  • une protection encore insuffisante des professionnel·les face aux risques psychologiques, physiques et juridiques auxquels ils et elles sont exposé·es.

Aujourd’hui, ces pratiques reposent largement sur l’engagement des équipes de terrain, sans bénéficier des moyens et de la reconnaissance institutionnelle nécessaires à leur déploiement.

Dix recommandations pour construire une réponse publique adaptée

À partir des constats issus du terrain, le rapport formule dix recommandations prioritaires afin d’adapter les politiques publiques aux réalités de l’exploitation sexuelle des mineur·es dans les environnements numériques. Il préconise notamment de :

  • reconnaître l’aller-vers numérique comme une mission à part entière de la protection de l’enfance ;
  • sécuriser le cadre juridique des interventions ;
  • garantir des financements pluriannuels et pérennes ;
  • renforcer la formation et la professionnalisation des équipes ;
  • structurer un maillage territorial coordonné ;
  • développer des partenariats avec les plateformes numériques.

Faire du numérique un espace de protection

Face à des phénomènes en constante évolution, les auteurs du rapport appellent à un changement d’échelle.

Le numérique est devenu un espace central de l’exploitation sexuelle des mineur·es. Il doit désormais être pleinement investi par les acteurs et actrices de la protection de l’enfance.


À PROPOS

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Point de Contact est une association de lutte contre les cyberviolences et de protection des droits
des citoyens sur internet. Elle permet par exemple aux victimes et aux témoins de lui signaler des
contenus ou des comportements malveillants et collabore étroitement avec les autorités et les
plateformes numériques pour en obtenir le retrait. L’association mène également des actions de
formation, de sensibilisation et de plaidoyer à l’attention des jeunes, des professionnels, des
entreprises et des pouvoirs publics.

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